Les VDL, au cœur de la transition touristique

On estime à tort que les véhicules de loisirs ont des impacts négatifs sur l’environnement. Une idée reçue qui ne résiste pas à l’analyse.

Polluants les véhicules de loisirs ? Eh bien non ! Contrairement aux idées reçues, les camping-cars, caravanes et autres mobil-homes sont parmi les modes d’hébergement les plus vertueux pour l’environnement. Pour preuve, une étude de l’Ademe montre qu’une nuit en résidence secondaire correspond à 7 kg CO₂e¹, une nuit à l’hôtel à 5,3 kg CO₂e, une nuit en location à 5,2 kg CO₂e et une nuit en camping à 1,4 kg CO₂e seulement !

À l’heure où les mobil-homes représentent près de la moitié de l’offre d’hébergement des campings, on comprend d’autant mieux leur intérêt écologique qu’ils n’artificialisent pas les sols. De leur côté, les camping-cars ont, tout comme les voitures, un impact environnemental lorsqu’ils roulent. Cependant, dès qu’ils sont à l’arrêt et servent de logement, ils se révèlent au contraire très vertueux.

Des véhicules économes

« Les camping-cars, fourgons, vans ou caravanes sont des véhicules qui sensibilisent aux ressources puisqu’ils ont une autonomie limitée en eau, électricité ou gaz », explique Nicolas Rousseau, directeur général du groupe Rapido. « Ils incitent donc les occupants à consommer moins d’eau ou d’électricité, souvent issue en partie des panneaux photovoltaïques. Tout dépend de l’usage du produit et des distances parcourues, mais c’est un moyen qui promeut le “slow tourisme”, le local. À l’inverse, le tourisme de masse, les croisières ou les voyages intercontinentaux ont un impact considérable sur l’environnement. »

Ainsi, les réservoirs d’eau des camping-cars ont une contenance qui varie de 90 à 130 litres. Il est rare que les touristes itinérants s’approvisionnent quotidiennement en eau. Ainsi, on est loin des 230 litres d’eau par jour utilisés en moyenne par chaque touriste en 2019 selon l’Ademe.

De nombreux véhicules de loisirs sont équipés de panneaux solaires, ce qui limite drastiquement les branchements électriques. C’est d’autant plus vrai que les fournisseurs d’accessoires travaillent à proposer des équipements toujours plus performants.

« Nous élaborons des solutions permettant d’optimiser la production et la gestion de l’énergie embarquée grâce aux panneaux solaires Antarion, disponibles avec différents types de cellules », souligne Cindy Berthalin, directrice marketing et communication d’Antares Diffusion. « Ces technologies permettent une production d’énergie journalière élevée ainsi qu’une durée de vie plus longue des panneaux solaires. Nous disposons de très nombreuses références avec des tailles différentes afin de mieux s’adapter à la place disponible sur les toits des véhicules. »

Des fabricants au rendez-vous

Les fabricants de mobil-homes sont depuis longtemps engagés dans une approche environnementale au niveau de la fabrication, de l’usage et du recyclage de leurs produits.

« Les mobil-homes n’artificialisent pas les sols », relève Nicolas Rousseau. « Pilotée par les constructeurs, une filière de déconstruction a été mise en place, permettant de faire du mobil-home un produit encore plus respectueux de l’environnement. De même, leur isolation et l’usage de panneaux photovoltaïques améliorent leurs consommations énergétiques. »

Depuis quinze ans, Éco Mobil-home, l’éco-organisme des hébergements de l’hôtellerie de plein air, soutenu par les constructeurs de mobil-homes, prend en charge la déconstruction et le recyclage des mobil-homes.

Les constructeurs multiplient les initiatives pour rendre leurs produits encore plus vertueux. Ainsi, Résidences Trigano propose désormais un pack énergie avec des capteurs sur les portes et fenêtres et un contacteur à clé permettant de réduire la consommation d’énergie si les fenêtres sont ouvertes ou les occupants absents.

Rapidhome a depuis longtemps choisi de préférer l’agrafage, le vissage et le clouage au collage, évitant ainsi l’émission de composés organiques volatils (COV) et facilitant le recyclage des parties agrafées ou vissées. L’entreprise fait également la part belle aux matériaux recyclés et au réemploi des chutes de matière.

Sunshine Habitat propose un service « seconde vie » afin de rénover les mobil-homes. Le constructeur a également développé, avec le soutien de l’Ademe, une approche visant à minorer les différents impacts environnementaux de ses produits.

Outre des travaux d’écoconception visant à limiter l’impact environnemental de ses mobil-homes au moment de leur construction, Bio-Habitat a également porté son effort sur la limitation des consommations à l’usage. L’impact environnemental est principalement lié aux pratiques de consommation des vacanciers dans leur mobil-home plutôt qu’au mobil-home lui-même.

Des sites de production plus vertueux

Les fabricants s’attachent aussi à limiter l’impact de leurs sites de production.

« Nous avons investi plus d’1 M€ dans des ombrières photovoltaïques pour notre site de Mayenne et nous avons également équipé nos autres sites industriels de panneaux photovoltaïques », remarque Nicolas Rousseau. « Nous avons réalisé des isolations plus importantes dans nos bâtiments les plus anciens, installé des destratificateurs² d’air dans certains ateliers, limité l’usage de la climatisation dans les bureaux ou encore les temps de chauffe de certaines machines. Nous pensons à éliminer le gaz comme source d’énergie de chauffage à moyen terme. »

Mobil-Home Rideau, pour sa part, a réduit ses volumes de déchets de 12 % entre 2019 et 2023 et a installé des panneaux photovoltaïques sur le toit de son nouveau bâtiment.

Enfin, au sein du groupe Trigano, un plan triennal 2024-2027 a pour objectif d’amplifier les actions environnementales, tout en quantifiant les gains financiers obtenus.

« Il s’articule autour de quatre axes, précise Alexandre Desneux, directeur de la transition énergétique du groupe : réduire la consommation d’eau et d’énergies en augmentant la proportion d’énergies renouvelables consommées ; réduire la production de déchets ; optimiser l’utilisation des matières premières et assurer la conformité réglementaire environnementale locale. »

Au-delà de la réduction de l’impact environnemental des véhicules de loisirs en eux-mêmes, les fabricants dans leur ensemble s’attachent à se montrer vertueux pour rendre ce secteur d’activité toujours plus vert.

¹ Équivalent de dioxyde de carbone.
² Le destratificateur homogénéise la température et réduit le chauffage.

Deux questions à Nicolas Dayot

Nicolas Dayot, président de la FNHPA, Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air

« Le camping, l’un des hébergements touristiques les moins émetteurs de carbone »

Quel est l’impact environnemental du camping ?

L’impact environnemental du camping doit être appréhendé de manière globale. Il doit tenir compte à la fois des émissions de gaz à effet de serre, de l’occupation de l’espace, de la consommation de ressources et de la préservation des milieux naturels.

Le camping figure parmi les modes d’hébergement touristique les moins émetteurs de carbone. Cette singularité tient d’abord à sa structure même : les campings comportent peu de bâtiments lourds comparativement aux hôtels ou aux résidences de tourisme. Or, le secteur du bâtiment constitue l’un des principaux postes d’émissions de gaz à effet de serre.

Comme toute activité touristique, le camping consomme de l’eau, de l’énergie et génère des déchets. Le secteur a donc engagé de nombreuses démarches pour améliorer sa sobriété.

Par ailleurs, les campings bénéficient souvent d’implantations privilégiées : littoral, vallées, bords de lac, zones rurales, espaces naturels protégés. La profession a donc mis en place des politiques de végétalisation raisonnée, de réduction des produits phytosanitaires et de préservation de la faune locale.

Quelles sont les actions de la FNHPA en matière de développement durable ?

Elle agit comme un catalyseur de transformation pour l’ensemble de la profession.

Elle pilote plusieurs plans d’action nationaux consacrés :

– à l’eau ;
– aux déchets ;
– à l’énergie ;
– à la biodiversité ;
– à l’adaptation au changement climatique.

L’objectif est de donner un cap clair aux exploitants et de diffuser des solutions concrètes. Dans plusieurs régions, des chargés de mission spécialisés accompagnent d’ailleurs les campings dans leurs démarches.

De plus, la Fédération entretient un dialogue constant avec les pouvoirs publics, les agences de l’eau, l’Ademe, l’Office français de la biodiversité et les ministères concernés. L’objectif est de simplifier les réglementations et de faciliter les investissements nécessaires.

Le véritable enjeu n’est pas de faire émerger quelques établissements exemplaires, mais d’entraîner l’ensemble du secteur dans une dynamique de progrès.

Car si les vacanciers choisissent toujours leur destination selon la proximité de la mer, la qualité des équipements ou l’offre de loisirs, la transition écologique s’impose désormais comme une condition de pérennité.

Passage de la norme Euro 3 à l’Euro 6E : qu’est-ce que ça change ?

Appliquée dès le début du nouveau millénaire, la norme Euro 3 concerne les moteurs essence comme diesel. Pour ces derniers, la plupart ne disposaient pas de filtre à particules et rejetaient un niveau très élevé de particules d’oxydes d’azote, les NOx*.

Au fil des générations de normes Euro, Euro 4 à partir de 2006, Euro 5 à partir de 2011 puis Euro 6 à partir de 2015, les technologies ont permis d’abaisser considérablement les émissions polluantes des moteurs.

Ces dix dernières années, l’évolution s’est poursuivie avec les versions Euro 6E et, prochainement, l’arrivée de l’Euro 7.

Pour le diesel, les gains sont impressionnants concernant les particules NOx, avec un différentiel de 1 à 50 entre un véhicule de 2001 et un modèle de 2026 ; c’est près de 95 % de réduction des émissions de particules fines.

Par ailleurs, les consommations de carburant ont chuté de 20 % pour un camping-car récent de même gabarit à la norme Euro 6E.

* Les NOx regroupent différents oxydes d’azote : monoxyde d’azote, dioxyde d’azote et protoxyde d’azote. Ces composés chimiques composés d’oxygène et d’azote sont des polluants atmosphériques qui contribuent fortement à l’effet de serre.

Trigano mise sur l’efficacité énergétique

« À périmètre constant, la consommation totale d’énergie de Trigano s’établit à 103 066 mégawattheures (MWh) au cours de l’exercice 2024-2025, contre 111 594 MWh en 2023-2024, soit une diminution de 7,6 % », souligne Alexandre Desneux, directeur de la transition énergétique du groupe.

« Les énergies renouvelables représentent 15,4 % de l’énergie totale consommée par le Groupe, en progression de 3 % par rapport à l’exercice précédent. La production d’énergies renouvelables sur les sites de Trigano, solaire et biomasse, a atteint 9 405 MWh en 2025, dont 6 352 MWh grâce aux panneaux photovoltaïques.

La production d’électricité issue de l’énergie solaire a ainsi progressé de 98 % par rapport à l’exercice précédent, en lien avec la mise en service de nouvelles installations, l’extension de la capacité de sites déjà en exploitation et, dans une moindre mesure, par un effet périmètre. »

Quelles technologies pour abaisser la consommation des VDL ?

Lorsque l’on parle des véhicules de loisirs et de leur consommation, il est important de distinguer la partie domestique de la partie « roulante ».

Ces véhicules diesel sont devenus, au fil des ans, de moins en moins polluants. Leur consommation a fortement diminué grâce aux gains obtenus par une meilleure aérodynamique, avec des formes plus profilées, et par le succès des véhicules plus compacts, plus légers et donc moins gourmands.

Les constructeurs font de gros efforts pour réduire le poids, notamment pour le mobilier ou les panneaux isolants composant la carrosserie.

Les technologies concernant la partie habitation connaissent, de leur côté, une forte évolution visant à un usage de plus en plus vertueux.

Avec de nouvelles batteries plus performantes, de type lithium-fer-phosphate (LFP) ou même sodium-ion, le véhicule est de plus en plus autonome à l’étape.

Isolation renforcée, pompe à chaleur, appareils à haut rendement, LED omniprésentes, usage du solaire, gestion énergétique intelligente : la révolution est en marche pour réduire toujours davantage la consommation énergétique du voyage itinérant.

Si le solaire ne fait pas avancer le camping-car, il réduit fortement sa dépendance lors de son branchement.