Interview

L’ENJEU EST DE REMPLIR LES AILES DE SAISON

RODOLPHE LIGONNIÈRE, DIRECTEUR DE L’AGENCE DÉPARTEMENTALE DU TOURISME DE L’ANJOU

Le 28 février dernier, Anjou Tourisme a organisé un séminaire dédié au tourisme en camping-car. Un moment d’échange avec les collectivités soucieuses de proposer un accueil de qualité.

Quel bilan tirez-vous du séminaire camping-car organisé en février dernier ? Quels en sont les principaux enseignements ?

Nous avons accueilli environ 80 participants dont de nombreuses collectivités. Au préalable, nous avions réalisé un audit des 89 aires de camping-cars du département au moyen d’une grille spécifique que nous avions créée. Ce document analysait à la fois les services proposés, les aménagements, la signalétique, l’environnement, et notamment la présence de commerces, ou encore la gestion durable. Nous avons noté chaque aire et élaboré pour chacune une fiche de recommandations recensant les points à améliorer. Le séminaire a permis de restituer ces analyses au travers de tables rondes d’experts. L’objectif était aussi de rappeler le développement du marché des camping-cars pour montrer aux collectivités l’intérêt de recevoir les adeptes de ce mode de loisirs. Il est en effet important de bien accueillir cette clientèle et de développer des services adaptés à ses attentes. C’est pourquoi nous avons également mis l’accent sur la manière d’aménager les aires afin de répondre aux différentes attentes des camping-cars, vans et fourgons. Il est nécessaire de voir, à l’échelle d’un territoire, quels sont les aménagements existants et de proposer un schéma de développement des aires favorisant la complémentarité d’une commune à l’autre. Avant de prendre une décision pour développer une aire de camping-car il est important que les collectivités locales nous consultent afin d’identifier les aménagements et services à mettre en place. Dans ce cadre, nous allons recommander des choses très différentes en fonction du lieu et des contraintes environnementales. Pour certains il sera préférable de développer une aire de services, alors que pour d’autres une simple aire de stationnement suffira car il existe déjà des services à proximité. L’idée était donc d’expliquer tout cela aux collectivités locales. Cette approche a été un véritable succès. Nous sentons en effet une forte demande des collectivités sur ce volet à la suite de l’audit. Le séminaire a eu un très bel impact et nombre d’entre elles nous sollicitent pour les accompagner dans leurs réflexions, qu’elles concernent la création d’une aire ou sa rénovation.

Quelles sont les retombées économiques de ce tourisme itinérant pour les territoires ?

Parallèlement à l’organisation du séminaire nous avons réalisé une grande enquête de clientèle touristique en Anjou. Cela nous a permis de déterminer les retombées économiques par type d’hébergement. Ainsi les camping-cars restent 6,3 jours en moyenne dans le département et dépensent 47 € par jour hors transport. 56 % de ces dépenses sont dédiées à la restauration, 37 % aux activités de loisirs, et 7 % à d’autres types de consommation.

Quelles actions envisagez-vous pour améliorer encore l’accueil des camping-cars, vans et fourgons ?

Outre les améliorations possibles en termes de qualité de service, l’un de nos axes forts de développement en termes d’accompagnement est le tourisme durable de l’audit les aires ont donc été notées sur cette thématique ce qui leur a permis de bénéficier d’une liste de points d’amélioration. Il s’agit par exemple, d’améliorer la gestion des déchets, l’affichage, la sensibilisation des visiteurs, ou encore de favoriser la non-artificialisation des sols afin de permettre l’infiltration des eaux. Globalement nous estimons qu’il existe quelques règles primordiales à respecter par les collectivités désireuses d’accueillir des camping-cars. Il est en effet impératif de mettre en place des équipements soignés, de procéder à un entretien régulier des aires, de proposer des emplacements stabilisés, d’installer une signalétique directionnelle adaptée et claire, de proposer des emplacements bien délimités, d’opter pour des bornes électriques réarmables ou encore d’adopter une gestion des déchets appropriée.

Proposez-vous des itinéraires dédiés aux camping-caristes ?

Le Val de Loire attire de nombreux camping-caristes. Nous sommes sur la route de la Bretagne et de la côte Atlantique et notre objectif est d’inciter les touristes tinérants à rester le plus longtemps possible dans notre département. Nous avons donc développé différents itinéraires adaptés aux camping-cars et notamment la route de la Loire ou encore la route des vins et villages de l’Anjou. De nombreuses aires d’accueil maillent ces itinéraires, auxquelles il faut ajouter de nombreux domaines viticoles membres de France Passion qui accueillent volontiers ce type de touriste. Au total le département compte 160 sites de visites qu’il s’agisse de châteaux, de parcs et jardins, de troglodytes, ou encore de sites tels l’Abbaye de Fontevraud, Terra Botanica ou le Cadre Noir de Saumur. Nous avons donc une offre très diversifiée qui peut répondre aux attentes d’une majorité des visiteurs, que ce soient des couples, des familles, des seniors, etc.

Extrait du magazine VDL 136 – Juillet 2023